Le tabou du handicap au travail tombe petit à petit. Par des sensibilisations des salariés valides, comme à Chaulnes, ou par des visites d’ateliers adaptés, comme à Allaines. La loi contraint les entreprises à intégrer
dans leurs effectifs 6 % de personnes handicapées. Une obligation que les sociétés peuvent également remplir, (pour partie) en confiant des tâches aux Établissements et services d’aide par le travail (ESAT), comme celui d’Allaines, près de Péronne. Son directeur, Éric Dheilly, multiplie les actions pour casser les clichés du travail adapté.
Il y a quelques jours, il accueillait ainsi un groupe. « Une centaine de personnes travaillent ici, pour la plupart avec un handicap de naissance. Toute leur vie, ils ont entendu des mots comme tu ne vas pas y arriver. Alors le travail, c’est leur valorisation, leur ballon d’oxygène. Certains ont près de 3 heures de bus par jour pour venir et repartir, et ils gagnent à peu de choses près autant que le handicapé qui choisit de rester chez lui. Et pourtant ils sont là tous les matins, certains depuis près de 40 ans ».
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