L'association Handi 64 a mis les élus en situation pour les sensibiliser aux points noirs. Dans la rue et jusque dans les administrations, c'est souvent un calvaire pour ceux qui ont un handicap.
Le hall d'accueil flambant neuf de la mairie de Bayonne est un cas d'école pour le collectif Handi 64 (1). Ses bénévoles y ont poussé le maire de Bayonne, installé dans un fauteuil roulant. Jean-René Etchegaray a ainsi vu qu'il avait devant les yeux un panneau blanc occultant l'hôtesse : le comptoir d'accueil est prévu pour ceux qui tiennent debout sur leurs deux jambes… Et ce n'est pas tout : le sas vitré est un piège pour les non voyants ainsi qu'a pu le constater celui de ses adjoints qui était transformé pour une petite heure en aveugle. Aucun guidage au sol vers la banque d'accueil et pas de bandes de contraste qui permettent de se repérer.
Jean-René Etchegaray, interloqué, a choisi l'humour en promettant l'hôtel de ville à la démolition pour une mise en accessibilité totale.
Handi 64 voulait une revendication pédagogique et elle l'a été : le parcours proposé dans le centre-ville a montré tous les pièges de la voirie, pour chaque type de handicap (moteur, visuel ou auditif).
Aux côtés des élus, les techniciens municipaux chargés du dossier, tels Philippe Dumont et Gilles Delhaie, prennent des notes.
- Recensement de problèmes
Devant le pont Marengo, les roues des fauteuils buttent sur les marches. Plus loin, ce sont les bouches des containers à poubelles ou le stationnement anarchique des deux roues qui oblige les fauteuils à des gymkhanas épuisants pour leurs pilotes.
De l'avis de tous, les malvoyants sont les plus mal lotis : absence de guidage au sol et obstacles en pagaille. Devant les halles, un zébra débouche directement sur une poubelle cylindrique en fonte placée là pour éviter des stationnements intempestifs de véhicule… Yves Ugalde a failli y laisser le genou. De quoi attirer son attention sur les doléances d'une vraie malvoyante : « L'idéal, ce sont des piquets hauts avec le sommet blanc. Ce qui est très casse-pipe pour nous ce sont les demi-boules ou les petits piquets bas ».
- Dialogue de sourds