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mardi 17 novembre 2015

Handicap : une vision réductrice qui peut freiner l'emploi

Nos locaux ne sont pas adaptés", "il y a des escaliers": Pour 72% des chefs d'entreprise, le handicap, c'est le handicap moteur alors que ce dernier concerne 13% de la population handicapée et cette vision réductrice peut freiner l'emploi.
Depuis 1987,
 les entreprises de 20 salariés et plus ont l'obligation légale d'employer au moins 6% de travailleurs handicapés.
Pourtant, "seulement 3,1% des salariés des entreprises françaises sont en situation de handicap et cela fait plusieurs années que ce taux n'évolue pas", selon un baromètre de la Fondation Malakoff Médéric, publié lundi à l'occasion du lancement de la première Semaine européenne pour l'emploi des personnes handicapées et 19e française.
"La situation en Europe est disparate, les pays du nord privilégient plutôt l'autonomie et ceux du sud la solidarité. Il faut concilier les deux", a souligné Emmanuel Constant, président de l'Association pour l'insertion sociale et professionnelle des personnes handicapées (Adapt).
Certains stéréotypes ont la vie dure: 68% des entreprises françaises estiment que seules certaines fonctions peuvent être assumées par des personnes handicapées et 7% considèrent qu'aucune fonction ne leur est accessible, relève cette enquête menée par OpinionWay du 19 mars au 10 avril auprès de 653 entreprises.
Note d'espoir, 33% des entreprises de plus de 20 salariés assurent avoir l'intention de recruter au moins une personne handicapée dans les 12 mois. Et 95% des employeurs qui en ont embauché jugent leur intégration globalement positive. 33% reconnaissent aussi que cela a modifié positivement leur perception du handicap.
Quand elles sont intégrées dans l'entreprise, les personnes handicapées représentent 9% des cadres et 2% des membres de direction. Quelque 50.000 entretiens s'étaient tenus pendant la Semaine 2014. Cette année, plus d'une centaine d'événements sont maintenus à Paris et dans toute la France en dépit des attentats, notamment des "job dating".
Ainsi, lundi à Paris, Amandine Fuchs, déficiente visuelle titulaire d'un MBA en management logistique, a eu 12 minutes pour convaincre un employeur potentiel avant que retentisse la cloche marquant la fin de l'entretien. Avant d'en commencer un autre. "C'est court, mais ils ont mon CV et c'est pratique de pouvoir enchaîner les rendez-vous", dit-elle.
Un job dating s'est déjà déroulé jeudi à Bruxelles, le premier organisé par l'Adapt hors de France, parallèlement à une réunion de responsables européens sur le thème de l'emploi des personnes handicapées.
"L'accessibilité est fondamentale, dans les têtes, comme dans l'espace public. Le mot-clé, c'est la coopération entre pays, la co-responsabilité et que les personnes concernées soient aussi aux manettes", a estimé le Belge Luk Zelderloo, secrétaire général de l'Association européenne des prestataires de services pour les personnes en situation de handicap (EASPD).